Vancouver aux quatre vents

Alexandre Duyck

Entre Pacifique et montagnes, la métropole de l’Ouest canadien se classe chaque année parmi les trois villes les plus agréables à vivre au monde. Avec un atout majeur : une nature majestueuse et omniprésente, jusqu’au cœur de la cité.


Magazine : Le Monde

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Photos : Andrew Querner
Parution : 2017


 

Extrait

Il n’y a pas dix minutes qu’il a quitté le quartier des a aires et ses gratte-ciel prétentieux.
Il pédale gentiment, sans forcer l’allure, arpentant une piste cyclable mieux protégée des voitures qu’une forteresse, bifurque sur une autre, la plus longue en bord de mer qui soit. Plus aucune nuisance, rien que le chant des mouettes, le doux roulis de l’eau, le bruit du vent dans les sapins centenaires. Et cet air qui sent si bon. Nick Lagasse a étudié à Paris, dont il a adoré la beauté. « Mais ce qui m’a le plus frappé, c’est l’absence de la nature. » Parvenu au bord de l’océan Paci que, il lève les yeux vers des dizaines de nids de hérons bleus perchés à cent mètres de petits immeubles d’habitation. Au pied des sapins, des mélèzes et des cèdres rouges, des grilles pour empêcher les ratons laveurs de monter dévorer les œufs. Un panneau indique comment agir en présence d’un coyote : « Criez : “Go away Coyote !”, ne partez jamais en courant. Par ces gestes simples, nous pouvons faciliter la cohabitation entre les humains, les animaux domestiques et les coyotes. »
À Vancouver, c’est la nature qui tolère et régule la ville. Pas l’inverse.