Heureux comme un Français à Hongkong

Alexandre Duyck

En cinq ans, le nombre de nos expatriés dans l’ancienne colonie britannique a crû de 60 %. Finances, assurances, vin, restauration, culture, luxe... Par milliers, ils ont pris d’assaut la villle et le phénomène n’est pas près de ralentir.


Magazine : Le journal du dimanche / Le grand reportage

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Parution : 10 mars 2013


Extrait

Grégory Joinau-Baronnet, 32 ans, importateur-distributeur
Ici, les ordres de grandeur ne sont pas les mêmes... « Un jour, un Chinois entre dans le magasin et m’achète six grands crus. Le lendemain, il revient et me dit : “J’en veux 1.360 !” Il faut être carré et rapide ici, mais si ça marche, j’envisage d’ouvrir une ou deux boutiques en Chine. » Située sur l’île qui fait face à la City et ses gratte-ciel vertigineux, la boutique de Grégory est petite et luxueuse. Belles tapisseries aux murs, bou- teilles de grands crus élégamment alignées... Ô Muse n’a ouvert qu’en avril 2012 mais la notoriété du lieu, où l’on ne trouve que des vins de Bor- deaux, deux entrées de gamme et uniquement des grands crus classés, va grandissant. Grégory était agent immobilier dans les vignobles du Bordelais. Voyant venir à lui de plus en plus de Chinois du continent et de Hongkongais, il se décide à venir y faire un tour : 70 CV envoyés, 20 rendez-vous décrochés pour, au bout du compte, s’associer avec un habitant de Hongkong et ouvrir la boutique. Il paye six fois plus cher que pour un local équivalent à Bordeaux, ne gagne pour l’instant qu’environ 1.200 € par mois et vit en colocation, comme la plupart des trentenaires européens expatriés. Mais tout n’est qu’affaire de temps... Hong kong est devenu le lieu principal du com- merce du vin au monde : on y trouve davantage de négociants que dans le Bordelais. Il faut dire qu’il n’existe ni TVA ni taxe sur les importations de vin : avec un peu porain qui se tient à Hongkong en mai est l’une des plus importantes au monde…